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Le Gabon s'intéresse aux
vertus thérapeutiques de l'Iboga
L
ONGTEMPS considéré comme une drogue en raison
de ses effets hallucinogènes, l'Iboga
suscite un regain d'intérêt auprès des
pouvoirs publics gabonais qui souhaitent depuis
peu inscrire cette plante aux pouvoirs « magiques »
dans le patrimoine national du Gabon.
Souvent appelé « bois
sacré », l'Iboga
est un petit arbuste des sous-bois dont les
racines sont utilisées au cours des
cérémonies Bwiti, un ordre initiatique très
répandu dans toutes les ethnies du pays.
« En dehors de son rôle traditionnel,
nous nous sommes rendus compte que l'Iboga
possédait des vertus thérapeutiques qui
pouvaient intéresser les chercheurs en
pharmacologie », explique À l'AFP le
directeur général adjoint du ministère
gabonais de la Santé, le Dr Aboubacar
Inoua. « C'est pour cette raison que
nous avons souhaité que cette plante soit
inscrite dans notre patrimoine culturel afin de
la protéger et de ne pas la
"brader" », ajoute-t-il.
Découverte par l'explorateur Griffon du Bellay
en 1864, la Tabernanthe Ibogade,
nom scientifique l'Iboga,
a été étudiée dès 1888 par le botaniste
français Baillon. Plusieurs scientifiques ont
ensuite isolé les principes actifs de la
plante. « Le plus important d'entre eux
est un alcaloïde appelé ibogaïne, mais l'Iboga
contient en tout une dizaine d'autres
alcaloïdes », explique le professeur
en pharmacologie Jean-Noël Gassita,
spécialiste reconnu de l'Iboga
au Gabon.
« Cette plante est un tonique
neuromusculaire et un anti-asthénique qui agit
contre la fatigue, la faim et la soif,
poursuit-il. Contrairement à ce que
certaines personnes imaginent ce n'est pas un
véritable aphrodisiaque ». « L'un
des alcaloïdes qu'elle contient, la
tabernathine, engendre aussi un état de veille,
ce qui explique que la capacité des
consommateurs d'Iboga
à rester éveillés toute une nuit lors des
cérémonies ».
« Mais l'Iboga
est surtout un puissant psychotrope dans la
mesure où il provoque des hallucinations, d'où
son utilisation magico-religieuse »,
ajoute le Pr Gassita qui souligne qu'aucune
dépendance n'a été constatée.
« Un chercheur américain, Howard
Lotsof, a déjà déposé un brevet sur une
thérapie à base d'Iboga
qui permet de lutter contre les dépendances aux
opiacés, comme l'héroïne », affirme
le pharmacologue gabonais qui regrette le peu
d'intérêt que son pays a jusqu'à présent
porté à cette plante.
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