MEYAYA . Infos. 2

mars 2001

fac simile de la page iboga de

 

pour consulter le dossier complet ( en particulier sur d'autres plantes guérisseuses) cliquez sur le lien : http://www.mapn.org/ABI/index-PATHO.htm

 

L'IBOGA

 

UNE PLANTE ANTI-DROGUE


En 1964, lorsque j'étais jeune assistant du Docteur Albert Schweitzer à Lambaréné, au Gabon, celui-ci me conseillait de me pencher sur une plante très connue, appelée iboga. Elle fut commercialisée sous !e nom de Lambarène et beaucoup consommée après la Deuxième guerre, notamment par les cyclistes du Tour de France. Sa dénomination, dans la classification de Linné, est:

- Tabernanthe iboga.

C'est un petit arbuste des sous-bois de forêt très répandu, surtout Du Gabon en Guinée équatoriale, au Sud-Cameroun, au Congo-Brazzaville et à Madagascar. Les Africains le cultivent à proximité de leurs cases comme plante magique. Les noms vernaculaires africains sont assez évocateurs "cochon végétal", racine des dieux, démon d'amour, etc.

Cet arbuste africain, élève jusqu'à 2m50 ses tiges délicates aux feuilles élégantes, longues de 15 cm environ, Il porte des grappes de fleurs blanches aux reflets roses qui donnent naissance à une grosse gousse charnue contenant la graine.
Son appartenance aux apocynacées, famille où l'on trouve le plus d'alcaloïdes dans le règne végétal, et dont les espèces abondent dans la forêt équatoriale, en fait un aphrodisiaque et un stupéfiant, efficace ne provoquant pas d'accoutumance.
II est peu exploité, sauf localement par les indigènes.
D'abord par les guerriers, les chasseurs, puis, pour l'initiation des garçons à l'adolescence.
L'iboga augmente la résistance au sommeil et permet une meilleure acuité visuelle nocturne.
On utilise la racine de l'iboga, jaune, noueuse, charnue Cette drogue constitue un exceptionnel échantillonnage d'alcaloïdes, dont un bon nombre, employés seuls, ont un usage précis : poison pour la pêche, vermifuge, remède contre les morsures, les piqûres, pour favoriser la croissance.
On en extrait trois:
- l'ibogaïne,
- la tabernanthine,
- l'ibogamine.
Ce sont des alcaloïdes indoliques qui sont des stimulants nerveux et musculaires, antagonistes des barbituriques et qui agissent sur le comportement.
L'ibogaïne, identifiée par Dybowsky en 1901, est l'alcaloïde auquel l'iboga doit ses propriétés thérapeutiques; cette substance cristalline, insoluble dans l'eau, est soluble dans l'alcool chaud.
Le chlorhydrate d'ibogaïne, forme sous laquelle l'alcaloïde est utilisée en thérapeutique, est administrée en pilules ou dragées dosées à 5mg aux doses de 0, 01 à 0, 03 g par jour comme tonique général, aphrodisiaque, cardiotonique, excitant de la nutrition.
A faible dose, les écorces de racines produisent des effets stimulants dans les asthénies physiques et intellectuelles et sont antitoxiques dans les convalescences des malades infectieuses.


A forte dose, la racine d'iboga met le sujet en état de transe et provoque des symptômes semblables à ceux de l'épilepsie. Ce produit hallucinogène reste cantonné aux cérémonies d'initiation de diverses sociétés gabonaises. Ainsi, chez les Bwiti, l'Iboga est un arbre sacré, vénéré lors de cérémonies secrètes au cours desquelles tous les membres de la tribu consomment du biribwiti, préparation à base d'iboga, de pulpe de calebasse et comportant plusieurs autres végétaux., tous hallucinogènes. Ces rites mal contrôlés, peuvent provoquer des accidents graves, même mortels
L'analogie de structure de l'ibogaïne avec la catharantine (alcoïde de la pervenche de Madagascar, anticancéreuse), a conduit certains chercheurs à préconiser une étude de l'ibogaïne dans le traitement du sida, maladie en effet peu répandue dans la population gabonaise adepte de !'iboga.
Depuis quelques années, on s'intéresse à l'action antidrogue de l'ibogaïne.
En donnant des doses élevées de 500 mg à 1 mg on constate chez l'héroïnomane et le cocaïnomane un stade d'excitation puis d'hallucination suivi d'un sommeil profond de quelques heures. Au réveil, le sujet ne ressent plus le besoin de drogue. II est sevré en moins de 36 heures ! II y aurait interférence sur les récepteurs de l'ibagaine avec l'héroïne ou la Cocaïne. Deux brevets ont été déparés
Cette plante qui est loin d'avoir livré tous ses secrets, réserve probablement bien des surprises. L'iboga sera peut-être l'arbuste roi du siècle prochain.


Dr Willem

Réalisation COSSURELLE Eric

© 2000 MAPN - PARIS

 

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