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mars 2001

fac similé lettre sur l'iboga dans la liste [e-med]

 

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[e-med] Phytothérapie africaine (4)



E-MED: Phytothérapie africaine (4)
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Bonjour,

Effectivement, je souscris à l'opinion selon laquelle la recherche
phytochimique basée sur certaines plantes africaines a depuis de nombreuses
années fait le point sur les propriétés thérapeutiques, mais que le facteur
économique a une grande importance dans la mise sur le marché de produits
réalisés à partir d'extraits ou de synthèse.
Toutefois, je signale qu'il peut exister d'autres facteurs pouvant avoir une
influence sur l'amélioration de la connaissance de certaines plantes :
l'intérêt de nombreuses communautés scientifiques ou plus "ésotériques"
concernant certaines propriétés stupéfiantes ou apparentées des plantes
africaines.

Je vous invite à visiter le site http://www.ibogaine.org que je viens de
découvrir.

L'iboga est une plante très employée au Gabon, en particulier lors des
cérémonies intiatiques. Cette plante a depuis toujours suscité l'intérêt ou
au moins la curiosité des chercheurs. En effet, l'étude de tarbenanthes
iboga revêt de multiples aspects, et en particulier, une dimension mystique
qui, à mon avis, attire beaucoup les personnes des pays du Nord "en quête de
spiritualité" si je puis m'exprimer ainsi.
Il reste que la multiplication d'expériences variées a peut-être permis de
mettre au jour une propriété interessante de l'iboga :
l'ibogaine a semble t il la propriété de faciliter le sevrage et de
représenter une alternative possible à l'utilisation de produits tels que la
méthadone.

Cependant, je remarque que cette propriété est surtout reliée à des
problématiques des pays du Nord, qui sont très concernées par la prise en
charge des personnes dépendantes.  Les pays du Sud ont assez souvent
d'autres priorités sanitaires et sociales, même si ces difficultés
concernent malheureusement une part de plus en plus grande des jeunes
urbains.

Quoiqu'il en soit, une fois de plus, cet exemple montre que l'on ne peut pas
dissocier l'intérêt économique de la recherche, ou, en d'autres termes, que
dès lors qu'un produit dispose d'un marché au Nord, on trouve de bonnes
volontés pour financer les activités de recherche développement....

L'importance de l'aspect économique est, au reste,  confirmée par l'attitude
"prédratrice" de certains chercheurs, puisqu'il semble, bien cette
information soit à vérifier, qu'un chercheur d'Amérique du Nord aurait
déposé le brevet concernant cette application thérapeutique, sans qu'à ma
connaissance, il n'y ait eu d'introduction dans ce brevet de clauses
préservant les intérêts des populations gabonaises, pour lesquelles cette
plante fait partie intégrante de la culture.(cf un article du Quotidien du
Médecin en France,  je n'ai plus la référence mais cette publication doit
dater du mois de Juin 2000- merci au Pr François Locher qui me l'avait faite
parvenir....)

En conclusion,

1- pour peu qu'une plante suscite un grand nombre d'intérêts, pas
uniquements "scientifiques", il peut exister une communication mondiale
pouvant conduire à faire évoluer l'état des connaissances et ainsi améliorer
l'arsenal thérapeutique commun ;

2- pour que la recherche développement arrive à des applications, un grand
nombre de facteurs interviennent, et en particulier les facteurs économiques
;

3- pour nos collègues africains, il convient d'être très vigilants dans le
domaine de la phytothérapie africaine et notamment, t=E2cher =
de préserver les intérêts des populations. Cet aspect des choses constitue à
mon avis une contrainte majeure, puisque les personnes disposant de la
connaissance, sachant qu'elles vont probablement perdre une grande part des
profits économiques engendrés par la transmission de leur savoir, ont
tendance à ne pas diffuser l'information.

Il serait urgent d'insérer dans les accords concernant la propriété, des
clauses de sauvegarde des droits des populations (est-ce possible ?) au même
titre que les droits des chercheurs ou entreprises ayant financés les
travaux de recherche.

Salutations

Hélène Degui
Direction de la pharmacie
Libreville, Gabon
Hdegui@internetgabon.com

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