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UNE PLANTE SACRÉE AFRICAINE EFFICACE POUR INTERROMPRE L'ADDICTION.
Brother Shine, Rommel Washington, Raquel S. Rogers.
traduit de l'anglais par N.S.
Depuis plus de trois mille ans, les hommes ont découvert une plante qu'on appelle l'Eboga,
qu'ils ont déclarée sacrée. Cette plante contient un remède puissant, l'Ibogaïne.
Aujourd'hui, en Europe et aux États-Unis, l'Ibogaïne est testée pour ses capacités
d'interrompre l'addiction à l'héroïne, la cocaïne, la méthadone, l'alcool et la nicotine.
De plus, l'Eboka est fréquemment utilisée dans les religions d'Afrique centrale (Gabon,
Cameroun, Zaïre, Congo), ainsi que pour soigner. La république du Gabon est le centre de
la religion Bwiti et la Société médicale Mbiri utilise l'Ibogaïne à des fins curatives,
physiologiques et psychologiques.
L 'Eboga est utilisée dans la seule religion africaine en expansion: le Bwiti, à travers
ses diverses formes: orthodoxe, le Bwiti Mitsogho; Réformée, le Bwiti Fang syncrétique.
Le premier président du Gabon, l'Honorable Léon Mba était membre de la religion Bwiti et
la défendit auprès des administrations coloniales françaises. Le Gabon comptait plus de quarante
groupes ethniques isolés les uns des autres dans la forêt équatoriale. Le Bwiti devint la force
unificatrice du mouvement d'indépendance de Gabon. Le docteur Bureau, un chercheur français
a dit: "Le Gabon est à l'Afrique ce que le Tibet est à l'Asie, le centre spirituel de l'initiation
religieuse."
Les première recherches entreprises sur l'Ibogaïne remontent à la seconde moitié du 18e siècle.
On appela officiellement la plante Tabernanthe Iboga en 1889. L'alcaloïde, lui, fut isolé en 1901.
Ce qui occasionna la vente d'un médicament français au début du siècle à base d'ibogaïne, pour
traiter des problèmes nerveux ou cardiaques. Puis, le médicament sembla disparaître jusqu'en 1930
où l'industrie pharmaceutique française lançait un nouveau stimulant à base d'ibogaïne, le Lambaréné,
d'après le nom du dispensaire gabonais du docteur Schweitzer.
Des recherches sur l'identification chimique et les effets spécifiques de l'Ibogaïne se poursuivirent
dans les années 70, essentiellement sous la direction du chimiste Robert Goutarel et des pharmacologistes
Raymand-Hamet, Jean Delourme-Houdé et Daniel Vincent.
Des recherches sur l'Ibogaïne se poursuivirent aux États-Unis où le docteur W.I.Taylor de CIBA
Pharmaceutical Compagnie, compléta l'identification chimique de la molécule. Des recherches sur
les effets de l'Ibogaïne furent menées par le scientifique CIBA Jurg Schneider, qui devint par
la suite le président de la Division chimique de DUPONT. Mais, la science n' était pas encore
capable de comprendre l'ibogaïne. D'autre études scientifiques de la même compagnie furent menées.
Sur des animaux par le docteur Harris Isbell, directeur de l'hôpital fédéral pour le traitement
des narcotiques à Lexington. Sur des hommes noirs accros à la morphine, par le docteur Kentucky.
Toutes les informations sur son travail ont disparu.
Peut-on les retrouver au Département de la Défense ou dans les dossiers de la CIA ?
Dans les années soixante, Claudio Naranjo, un psychiatre, ainsi que Leo Zeff, un psychologue,
traitèrent plus de sept cent patients avec l'ibogaïne. Ils en vinrent à la conclusion que l'Ibogaïne
était la drogue la plus efficace qu'ils n'aient jamais utilisée dans les traitements des maladie
psychiatriques. Les années soixante étaient l'époque des expérience psychédéliques et un jeune homme
de dix neuf ans, Howard Lotsof, menait des expérience sur lui-même et ses amis qui l'avaient conduit
à devenir héroïno-cocaïnomane. Quand lui et ses amis expérimentèrent l'ibogaïne, cinq sur sept d'entre
eux interrompirent leur addiction sans aucun symptôme de manque. La relation d'Howard à l'héroïne et
à la cocaïne avait complètement changé : alors qu'il percevait l'héroïne et la cocaïne comme lui
apportant du bien-être avant d'essayer l'ibogaïne, après elles lui apparurent comme représentant
la mort. Lotsof fit le choix de vivre.
Il batailla quelques mois avant d'obtenir à nouveau de l'ibogaïne, en donna à 19 personnes dont sept
étaient toxicomanes. Mais ce qui rend l'expérience de Lotsof et al. aussi intéressante, c'est qu'aucun
d'entre eux n'avait l'intention d'arrêter la drogue, et que cinq cessèrent leur consommation, sans
ressentir de manque au cours de la cure, pour plus de six mois.
Howard, qui avait de l'Ibogaïne à disposition ne replongea pas pendant trois ans et demi.
"après un séjour injustifié en prison"(ndt), Lotsof redevint accros à l'héroïne et entreprit une cure
à la méthadone début 70. Tout le monde croyait à l'époque que la toxicomanie était irréversible, mais
Howard, qui avait connu l'Ibogaïne réussit à se dégager de l'héroïne et, plus difficile encore, de la
méthadone. Il fut un exemple pour d'autre personnes accros à cette substance (Inventée dans les années
trente en Allemagne et nommée d'après le nom du Führer: L'Adolphine. ndt).
l'interruption d'addiction
Au début des années quatre-vingt, pensant que la faculté qu'a l'Ibogaïne d'interrompre l'addiction
était primordiale, Lotsof décida de s'engager dans une véritable croisade pour rendre l'Ibogaïne accessible
aux toxicomanes. Il passa donc un an à étudier tout ce qui était paru sur l'ibogaïne, et contacta le National
Institute Drug Abuse (NIDA) où on lui répondit qu'il fallait confirmer ses hypothèses par des expériences
sur des animaux.
Mais, il était alors impossible d'obtenir de l'Ibogaïne aux Etats-Unis.
Il faut attendre trois ans et demi plus tard, pour qu'Howard puisse rencontrer le président du Gabon
en personne, Omar Bongo, qui lui fit cadeau de la racine en gage d'amitié du peuple du Gabon envers les
autres peuples, et prohiba conséquemment l'exportation de l'Eboka. La seule exception étant pour Lotsof.
Un petit échantillon fut purifié par des scientifique français du CNRS et le docteur M.R. Dzoljic testa
les effets de l'Ibogaïne sur des rats accros à la morphine, et obtint des résultats positifs. Fort de cette
information, le Dr. Stanley Glick de l'"Albany Medical College" commença ce qu'on pourrait appeler une course
à la découverte des propriété de l'Ibogaïne. Il fit publication sur publication, démontrant que l'Ibogaïne
réduit le manque à la morphine, et annule certains effets de la morphine et de la cocaïne dans le cerveau.
Bientôt rejoint dans ses travaux par le docteur Patricia Broderick de la "City University of New-York"
et le docteur Henry Sershen du "Nathan Cline Institute". Les unes après les autres, les expérimentations
scientifiques démontrèrent l'efficacité de l'ibogaïne.
En 1991, le docteur Charles de Lederle Laboratories, une entreprise pharmaceutique, devient le directeur
de la Division de Développement du Médicament au NIDA. Il dépensa des millions de dollars en recherches
fondamentales sur l'ibogaïne, et fut immédiatement promu à un autre poste, sachant que les vieilles barbes
du NIDA refusent tout ce qui n'a pas été inventé pour le NIDA. Il devint alors évident que l'institution
ne financerait plus que des recherches tendant à prouver l'inefficacité de l'ibogaïne.
La guerre de l'Ibogaïne commençait.
L'ami intime de Lotsof, Bob Sisko, se tuait progressivement à la cocaïne. Après avoir réussi à faire
rompre le voeu de Lotsof de ne plus traiter de sujets humains, Bob fut traité, et sa consommation d'un
quart à une demie once de coke par jour fut stoppée après une simple séance d'ibogaïne. Il buvait un quart
de litre d'alcool fort par jour et passa à une consommation beaucoup plus modeste de vin ou de bière. En
fait, depuis, Bob, à sa grande surprise, a arrêté complètement l'alcool et réduit sa rituelle consommation
de deux paquets de cigarette par jour. Ses amis ne voulaient pas le croire. Personne n'avait alors vu une
chose pareille.
Sisko comprenait maintenant le pouvoir de cette plante sacrée africaine. Tandis qu'Howard continuait
méthodiquement et lentement son travail, faisant aussi bien qu'il le pût, Sisko se rendit en Europe avec
une petite quantité d'Ibogaïne qu'il avait obtenu par des amis en Afrique. En Hollande, il traita avec
succès un jeune couple accros à l'héroïne (Geerte Franken et ami. ndt). La rumeur répandit rapidement
l'information, et très vite, Nico Adriann, l'un des leaders du "Addict's Union in Hollande" et travailleur
social à l'"Européen Addiction Research Institute" de l'université "Erasmus" de Rotterdam, fut soigné de
sa lourde addiction à l'héroïne grâce à l'ibogaïne. Sisko laissa ce qu'il lui restait d'Ibogaïne et Nice
soigna son amie avec succès. Une séance menant à une autre, les gens concernés commencèrent à réclamer
en tant que toxicomanes, les mêmes droits que les autres patients en terme de prescription médicale. Après
un an de discussion avec Howard Lotsof, le professeur J. Bastien, un psychiatre hollandais de renom, se mit
à traiter son premier patient. L'histoire était en marche.
Réduire les risques de transmission du Sida/ Réduire l'addiction
En 1992, Dana Beal, un activiste de AIDS reconnut les relations de cause à effet qu'il existe entre la
transmission du Sida et l'interruption de la toxicomanie. Beal se mit en contact avec Rommel Washington,
un travailleur social de Harlem, spécialisé dans le traitement de l'addiction et au courant des effets de
l'ibogaïne. Washington pensa que l'African American community pourrait influencer le NIDA pour qu'il rende
les cures de détox à l'Ibogaïne accessibles au public. Il convoqua le premier meeting autour de l'Ibogaïne
au Harlem Hospital de New York, en 1992. On y vit des docteurs et des travailleurs sociaux aussi bien que
l'activiste noir Dhoruba Bin Wahad. Le meeting accoucha d'une permission pour M. Washington de se rendre
au premier symposium organisé sur le sujet en Europe, sous la haute autorité du professeur J. Baastian.
On y vit, parmi d'autres, Le Dr Mash et J. Sanchez-Ramos de l'université de médecine de Miami qui ont été
tellement impressionnés par les effets thérapeutiques de l'ibogaïne, qu'ils ont obtenu la permission de
l'université de demander l'autorisation au FDA d'entreprendre l'étude des effets de l'Ibogaïne sur des sujets
humains aux États-Unis. Après quelques difficultés, le docteur Mash et l'université de Miami obtinrent en 1993
l'autorisation de poursuivre les premières expérimentations sur des sujets humains aux States.
En Mars 1995, Brother Shine organisa le second, et plus important meeting sur l'Ibogaïne à Harlem au cours
duquel, Eddie Ellis, Dhoruba Bin Wahad, Warren Harry et Rommel Washington fondèrent la Black Coalition on Drug
(B.C.O.D.), en réponse au manque d'information de la communauté noire en ce qui concernait les traitements
alternatif pour l'interruption d'addiction. Le BCOD demanda que des professionnels noirs soient impliqué dans
les programmes de cures à l'ibogaïne.
Brother Shine, représentant l'African Descendants' Awareness Movement (A.D.A.M.), déclara : "J'ai l'impression
que les gens qui s'occupent de traiter les drogués reculent quand on prononce le mot d'Ibogaïne. et ce, peut-être
par ce que les gens ont été mal informés à ce sujet. Beaucoup de gens pensent que nous croyons que l'Ibogaïne est
une potion miracle qui soigne tous les maux.
Alors que ce que nous croyons, c'est qu'une personne ayant reçu un traitement à l'Ibogaïne doit impérativement
suivre une cure psychothérapeutique. Toute personne interrompant son addiction et ne changeant rien de son style
vie, ne re-créant pas de liens sociaux, est une personne qui est obligatoirement appelée à replonger."
Entre temps, R. Washington avait, non seulement assisté à des séances de cure en Hollande, mais aussi rendu
visite à Lotsof dans sa clinique du Panama, où on administre des cures à l'ibogaïne.
(...)
ADAM et BCOD prévoient de se réunir en vue d'informer les communautés sur l'Ibogaïne et d'autres cures
alternatives.
City Sun, october 4-10, 1995, Bklyn., NY
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