Commencement ...


I

l'arc pygmée se tend et vibre
et pourtant rien n'existe
l'homme n'est même pas une pensée fugitive de Nzamé
et Nzamé n'est même pas une des trois minuscules taches de l'oeuf
le placenta n'est pas enterré au pied de l'arbre car aucun arbre n'existe encore
et pourtant l'arc pygmée se tend et vibre
il pleure d'une longue mélopée qui module le vent
la corde a déjà trois noeuds

II

le vent
le vent souffle de plus en plus
l'éclair fils du vent
soudain l'éclair a brisé l'oeuf
le placenta s'écoule
les trois originels s'ébrouent et crient
les premiers chants dans le vent
Nzamé crie et pleure
sa soeur Nyingone crie
son frère Noné crie
les cris ensemencent le vent
du tourbillon fou de la vie

III

les cris dans le vent, la cithare,
il n'est encore que la nuit et l'eau
noires
Dieu crée le soleil et la lune
qui marquent le temps de vivre
et le temps de mourir
Dieu vogue sur la pirogue
le termite a le long travail de la terre
Nzame l'a créé pour ça
il accomplit lentement sa tache...
un lieu où se poser
enfin

IV

A l'homme sera la terre
à la femme l'eau
mais la femme doit être ouverte

V
Evus que fais-tu en brousse
comment ne t'ont-ils pas enterré
cordon-placenta, quel sens as-tu encore
et si je te regarde de l'autre côté,
n'es tu pas Ekurana ?
Evus tu crains la lumière,
que ne pénètres-tu la femme
il y fait noir et chaud
et faim...




Obaka Massogho

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